De Jean-Noël Dumont, philosophe et directeur du Collège Supérieur à Lyon:
Couvert de pisse, de grenades ou de merde, des dollars sortant de ses plaies au lieu du sang et de l’eau, le Christ est en agonie. Cela n’en finit pas. La banalité ininterrompue du supplice laisse sans voix. On est, hélas, dans l’ordre habituel des choses : la victime excite la haine, les bourreaux goguenards montrent qu’ils sont des hommes en envoyant quelques crachats ou coups de pieds bien sentis sur le corps offensé. C’est rigolo, n’est-ce pas ? Et cela rappelle le bon temps où l’on traînait une tondue sous les rires d’une foule courageuse. Se rendre insensible à la nausée, aller au bout de la saleté, avilir, tel est le vertige infernal. Rimbaud en sut quelque chose. Mais enfin, Christ poète, il expiait sur lui-même l’avilissement rageur et la haine de la pureté...
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